Etats-Unis : La justice doit se prononcer sur l’interdiction du livre explosif d’un ancien conseiller de Trump

MONDE post authorPresse France 20 juin 2020 30

Etats-Unis : La justice doit se prononcer sur l’interdiction du livre explosif d’un ancien conseiller de Trump

Etats-Unis : La justice doit se prononcer sur l’interdiction du livre explosif d’un ancien conseiller de Trump

La justice américaine s’est penchée vendredi sur le livre au vitriol de l’ex-conseiller de la Maison-Blanche John Bolton contre Donald Trump, dont le président-candidat, déjà sous pression, veut empêcher la publication. « Je ne vois pas vraiment ce que je peux faire avec tous ces livres déjà distribués à travers le pays », a prévenu le juge Royce Lamberth, du tribunal fédéral de Washington. « Le mal est déjà fait, me semble-t-il », a-t-il déploré, alors que l’ouvrage doit sortir mardi. Il a mis sa décision en délibéré.

Le gouvernement des Etats-Unis avait déposé cette requête de dernière minute pour bloquer la parution de The Room Where It Happened (La pièce où cela s’est passé), chronique des dix-sept mois passés par l’auteur auprès de l’occupant du Bureau ovale comme conseiller à la sécurité nationale, en 2018-2019. L’avocat du gouvernement, David Morrell, a réaffirmé que le livre était truffé d’informations « classifiées ». John Bolton était tenu de ne rien publier « sans autorisation écrite » mais « en échange d’argent, il a rompu cette promesse », a-t-il attaqué.

Premier amendement

Charles Cooper, l’avocat de l’ex-conseiller à l’épaisse moustache blanche, a pour sa part reproché au gouvernement un « théâtre » qui n’a « rien de judiciaire ». Invoquant le premier amendement de la Constitution américaine qui consacre la liberté d’expression, il a plaidé que son client avait largement joué le jeu. Et déploré que des informations hautement classifiées invoquées par l’exécutif l’aient en fait été après un premier examen de son manuscrit par la Maison-Blanche. « L’ambassadeur Bolton a rempli ses obligations contractuelles », a-t-il lancé.

« Ce n’est pas vrai ! Il n’a pas reçu d’autorisation écrite », a riposté le juge Lamberth, visiblement agacé par cette ligne de défense. « Je ne comprends vraiment pas pourquoi il a pris un tel risque. » Quoi qu’il en soit, sans attendre l’issue de ce bras de fer judiciaire, de larges extraits ont déjà opportunément filtré dans la presse ces derniers jours. Il s’en dégage le portrait d’un président mal avisé et prêt à tout pour se faire réélire en novembre prochain, quitte à demander un coup de pouce de la Chine, adversaire stratégique des Etats-Unis, et mettre par là même en danger la sacro-sainte sécurité nationale.

Trump à la relance

En face, le milliardaire républicain s’est déchaîné sur Twitter contre son ex-conseiller, qualifié d’« aigri qui voulait seulement déclencher une guerre » et a attendu d’être limogé en septembre pour critiquer son ex-patron qu’il défendait bec et ongles jusque-là.

Et le camp trumpiste est venu à la rescousse. Le secrétaire d’Etat Mike Pompeo a publié jeudi un communiqué tonitruant accusant John Bolton d’être un « traître qui abîme l’Amérique » avec ses « mensonges ».

L’opposition démocrate est elle partagée entre la dénonciation de révélations tardives qui lui auraient été plus utiles lors de leur procédure de destitution du président – finalement acquitté en début d’année -, et la volonté de donner un écho à ce portrait accablant. La Maison-Blanche aimerait que le tapage médiatique autour des mémoires de John Bolton s’arrête là, pour que les projecteurs se concentrent uniquement sur la relance de sa campagne prévue lors d’un grand meeting samedi à Tulsa, dans l’Oklahoma. Source 20minutes.fr

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