Faut-il craindre la ruse de ZEMMOUR,

MONDE post authorPresse France 15 octobre 2021

Faut-il craindre la ruse de ZEMMOUR,

Faut-il craindre la ruse de ZEMMOUR,

Ancien polémiste du Figaro et de CNews, Éric Zemmour mouvemente le début de la présidentielle en France et  mets mal à l’aise les leaders de la droite et l’extrême droite.

Indécis mais déterminé, Zemmour tient des meetings, poursuit les interviews. Pendant qu’il laisse toujours planer un faux suspense. Éric Zemmour veut fermement être candidat et on ne l’imagine pas lâcher l’affaire maintenant. La question, ce n’est pas « si » il sera candidat, mais plutôt « quand ». Actuellement, ne pas être formellement candidat lui évite de devoir répondre à toutes les questions. Éric Zemmour l’a dit lui-même : il a tout intérêt à rester dans l’ambiguïté le plus longtemps possible. Une attitude qui n’empêche par ailleurs ses adversaires d’être sur leurs gardes.

Candidat antisystème

Loin d’être déclaré par voie officielle candidat, Éric Zemmour remplit les salles et menace Marine Le Pen dans les sondages où il semble pulvériser les records. Sacré innovateur, politologue et co-directeur de l’Observatoire des radicalités politiques Jean-Yves Camus estime que son principal atout est que Zemmour ne vient d’aucun parti politique : « Il a l’attrait de la nouveauté. Il est connu. Et puis il arrive à un moment où Marine Le Pen se présente pour la troisième fois à l’élection présidentielle, dans l’incapacité de l’emporter. Donc, il y a chez certains électeurs du Rassemblement national un peu de lassitude, parce que leur objectif n’est pas de bien figurer ou de faire un bon score, c’est de gagner. »

Les Républicains sont-ils également menacés

Les Républicains tergiversent dans le choix de leur candidat ou candidate jusqu’à début décembre, cela fait presque deux mois d’attente, une éternité en pleine campagne présidentielle. Pendant ce temps, Éric Zemmour parle à l’oreille des électeurs de François Fillon de 2017, selon Jean-Yves Camus : « Pour l’instant, il prend aux alentours du quart des suffrages des électeurs de François Fillon en 2017. C’est quand même beaucoup. La porosité idéologique existait déjà, mais là, elle trouve quelqu’un dans qui s’incarner. Ce n’était pas le cas avec François-Xavier Bellamy ni Bruno Retailleau. Philippe de Villiers est relativement hors course. Là, ces électeurs ultra conservateurs trouvent une figure dans laquelle ils se reconnaissent. »
Trouble-fête de la campagne, qui séduit aussi bien chez les LR qu’au RN, Éric Zemmour tente de réaliser l’union des droites. Il espère aussi prendre des voix aux abstentionnistes qui le voient comme un candidat hors système, pas un professionnel de la politique. Mais il a encore du travail. La récolte des 500 parrainages d’élus est plus difficile que prévue. Côté finances, c’est flou. Et surtout, Éric Zemmour manque d’une équipe de campagne qualifiée, élément clé pour organiser une machine de guerre électorale.

Par: MURHABAZI KAJABIKA JEAN

 

 

PHOTO Getty Images

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