Confinement, la presse parmi les produits essentiels

SOCIÉTÉ post authorPresse France 5 November 2020 30

Confinement, la presse parmi les produits essentiels

Confinement, la presse parmi les produits essentiels

«Les marchands de journaux restent ouverts, les esprits aussi», signale l’hebdomadaire français Le Point dans une campagne mise en ligne, remerciant ceux qui font «vivre l’information, le pluralisme et donc la liberté en ces temps troublés» A l ‘instar de la France, nombre de pays européens reconfinés ou instaurant des restrictions de circulation ont décidé de garder les kiosques à journaux dans la liste des commerces essentiels autorisés à rester ouverts.

Pour rappel, une aide de 19 millions d’euros a été débloquée en France pour soutenir les marchands de journaux indépendants, en grandes difficultés depuis le printemps et garantir la continuité de la distribution, ainsi que 483 millions d’euros, destinés au plan de la filière qui rassemble plus de 300 titres de la presse quotidienne et hebdomadaire.

L’objectif étant de «réaffirmer l’attachement de l’Etat à une presse libre, indépendante et pluraliste, enjeu vital pour notre démocratie», selon la ministre de la Culture Roselyne Bachelot. La Belgique, qui a opté pour un confinement drastique de 6 semaines, garde également, les points de presse dans la liste des commerces essentiels au même titre que les pharmacies, les commerces de nourriture, les banques, postes, stations-service.

Pour le chercheur au CRISP (Centre de recherche et d’information socio-politique), Jean Faniel, cité par le magazine «Moustique», «le droit d’information est évidemment important en démocratie et particulièrement dans une situation où on n’y voit pas très clair. Les gens ont besoin de s’informer … On peut craindre que les réseaux sociaux deviennent l’information principale de beaucoup de gens. Ou, on sait qu’on y trouve tout et n’importe quoi. La décision du gouvernement s’explique donc par un besoin de garder une information aussi plurielle que possible ».

Depuis le début de la pandémie de Covid-19, les médias, tous supports confondus, connaissent, paradoxalement, une forte hausse de leur fréquentation et sont en même temps confrontés à un effondrement de leurs recettes publicitaires. 

La décision de suspension de l’impression et de la distribution des journaux, de mars à juin 2020, avait quasiment sonné le verre d’un secteur déjà fragilisé par une crise structurelle depuis quelques années. Entre le 18 mars et le 18 mai dernier, soit le premier mois du confinement, les investissements publicitaires ont chuté de 110% par rapport à la même période de l’année dernière, selon une étude réalisée par le Conseil national de la presse.

Ainsi, toujours selon le Conseil, la perte résultant de l’arrêt des ventes et de l’impression ainsi que de la baisse des commandes annoncées est observé à plus de 81 000 d’euro par mois, soit 243 000 euro en trois mois. Aujourd’hui, malgré le maigre soutien de l’Etat, le secteur vital reste en sursis.

source leconomiste.com

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